33e candidat sur la liste du Bourgmestre

Après avoir exercé la fonction de bourgmestre pendant 5 ans, en remplacement de Rudi Vervoort, Ministre Président, légalement empêché d’exercer également comme bourgmestre, je me présenterai aux élections communales en fin de liste, car il n’est plus dans mes intentions de briguer, à 67 ans, un nouveau mandat exécutif de membre du Collège des bourgmestre et échevins. Je compte prendre un peu plus de temps notamment pour ma famille et mes petits-enfants, la vie politique ne l’ayant pas souvent permis.

 

Alors pourquoi me présenter et pourquoi voteriez-vous pour moi à cette place ?

 

J’aurais pu me présenter en début de liste et ne rien dire avant les élections, mais ce n’est pas mon éthique ni celle de notre liste du Bourgmestre ; de plus comment dire que nous voulons rétablir la confiance entre les citoyens et les politiques si j’avais agi ainsi ?

D’autre part, j’aurais pu ne pas me présenter du tout ; mais cette absence aurait été pour moi un lâchage de mes jeunes compagnons de liste et aurait été perçu comme un désaveu de leurs qualités et de notre chef de file, Rudi Vervoort.

Comme celui-ci le disait dans une conférence de presse, mes compagnons de liste représentent de la fraicheur et de l’expérience et je leur fait confiance pour poursuivre l’action et la dynamiser. Bien sûr, si je suis élu, je serai là pour les conseiller si nécessaire, sur base de mon expérience de vie professionnelle et politique au service des citoyens.

 

Il est en effet important pour moi de poursuivre l’action de l’équipe sortante, notamment :

  • Construction ou modernisation d’écoles primaires et de crèches ;
  • Développement d’infrastructures sportives : Football, hockey, fitness, polyvalents, dans tous les quartiers ;
  • Cohésion sociale avec les Maisons de quartier et les écoles ;
  • Création d’un taxi social ;
  • Déploiement d’une nouvelle infrastructure informatique communale avec plusieurs accès au Wi fi, facilitation de l’accès aux documents, Espaces Publics Numériques…
  • Travaux d’utilisation rationnelle de l’énergie dans tous les bâtiments communaux permettant des économies importantes de consommation ;
  • Amélioration de l’action de propreté par des engagements supplémentaires et des techniques d’organisation ;
  • Développement de zones 30 et des contrôles de vitesse ;
  • Soutien à la participation citoyenne et aux associations.

 

L’action politique communale ne se limite pas à un programme mais implique une disponibilité et une écoute des citoyens, un respect de leurs idées mais aussi la capacité de décider ce qui apparaît comme le mieux pour la majorité d’entre eux et non de simplement répondre à ceux qui crient le plus fort ; je pense que tous ceux qui ont émis des propositions peuvent dire qu’ils ont été entendus même s’ils n’ont pas toujours été suivis et qu’une explication de la décision leur a été donnée.

Une mère d’adolescents me disait un jour qu’elle exigeait d’eux qu’ils s’engagent s’ils veulent changer le monde, que ce soit dans une association ou un mouvement, et je ne peux qu’appuyer cette démarche. En effet, la critique en politique est facile mais n’a de chances d’aboutir que si elle est constructive et apte à réunir un consensus respectueux des différences.

C’est dans ce sens aussi que je soutiendrai ceux qui s’engagent pour le bien commun dans ces élections communales qui nous concernent au quotidien.

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20 mars ‘Journée Internationale du bonheur’

20 mars ‘Journée Internationale du bonheur’, ainsi l’a décrété l’Assemblée Générale des Nations Unies en 2012, comme me l’a appris une carte blanche dans le Soir de ce matin.
Parce que malgré la pluie, c’est aujourd’hui l’équinoxe de printemps dans l’hémisphère Nord.
Dans sa résolution, l’assemblée parle d’un bonheur à construire collectivement autant qu’individuellement.
Belle journée donc!

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Une promenade à velo à Bruxelles

J’ai expérimenté ce matin une partie du parcours proposé, sympa, qui permet de découvrir des endroits moins connus parfois. Pas toujours évident de repérer le fléchage discret, surtout sans le plan.

Alors un petit conseil : imprimez le parcours:

http://documentation.bruxellesenvironnement.be/documents/GW-PromenadeVerte.PDF

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Journée capitale que ce 8 mars

Bien sûr c’est d’abord la journée de la Femme et j’ai bien aimé le dessin de Kroll dans le Soir de ce matin.

Mais aussi, c’est ce soir la date limite pour savoir si les créanciers privés de la Grèce vont accepter majoritairement de renoncer à leur créance, condition pour que ce pays obtienne les aides publiques. Les institutions bancaires que les pas ont aidé quand elles étaient dans les difficultés vont elles enfin prendre leurs responsabilités dans cette crise que certaines d’entr elle ont déclenché.

A défaut, le danger est grand de voir la crise s’aggraver très dangereusement pour tous.

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Bienvenue sur le nouveau site complet de Pierre Muylle

Bonjour,

 

Voici mon site complété dans toutes les catégories d’activités, avec encore certains manques, notamment en photos.

Je vous invite à y noter vos commentaires si souhaité; merci d’avance même s’il s’agit de critiques.

Bonne découverte

Pierre Muylle

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Bienvenue sur le nouveau site de Pierre Muylle

Bonjour,

Nous travaillons fébrilement à la création complète du site.

Il sera progressivement disponible avec :

  • Plusieurs chapitres: une partie de présentation, une relative à mes activités d’Echevin à Evere, une autre sur celle à la Coopérative de Locataires Germinal et une au PS
  • Recherches par index, catégories et mots-clés (voir marge droite) ;
  • Outils de partages et de publication (oui, le web 2.0) ;
  • Format d’impression ou d’export PDF (pour les vrais fans) ;
  • Intégration de mon blog à mon site (une seule adresse, c’est plus simple!) ;
  • Lisibilité sur nouveaux supports (iPhone, iPad…)
  • Gestion des commentaires (et chasse au spam) ;
  • Et encore plein d’autres choses formidables.

En attendant, tous les atticles publiés sur mon blog sera repris et lisibles ici.

Pierre Muylle avec l’aide appréciable de son webmaster

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Et si les citoyens décidaient ?

À force d’entendre que les négociateurs politiques n’avancent pas, on entend qu’ils n’écoutent pas les citoyens et certains avancent l’idée d’un referendum.

Deux sondages publiés ce WE sont intéressants.

Celui du Soir :

À la question « si la Flandre devient indépendante, que souhaitez vous pour votre région ? », 63% des Wallons répondent une Fédération Wallonie Bruxelles indépendante, mais seulement 33% des Bruxellois, qui préféreraient à 24% qu’elle soit un district européen et à 23% qu’elle soit indépendante.

67% (W) et 52% (B) se sentent d’abord belge avant d’être bruxellois, wallon ou européen.

Celui de la Libre Belgique :

  • 50%(B) et 61% (W) souhaitent le retour à un état unitaire tandis que seuls 22% des Flamands le souhaitent, ce qui fait une moyenne nationale de 40% des personnes interrogées mais montre le fossé entre les communautés.
  • 32% des Belges souhaitent un renforcement des compétences des Régions et Communautés, et seuls 12% souhaiteraient la scission, mais je ne connais pas la répartition Vl-B-W. qui doit être contrastée.

Alors comment poser les questions si on en arrivait à un referendum ? Et si une partie du pays est favorable à l’union et l’autre à la scission ?

Mais selon certains, tout cela n’est que jeu de politiciens et les citoyens ne se préoccuperaient pas de ces questions ; les sondages ci-dessus montrent le contraire.

Un médecin réputé dans sa spécialité me disait récemment que s’il y a avait plus de scientifiques que d’avocats chez les politiciens, cela irait mieux… Si quelqu’un a une formule qui puisse résoudre l’équation, merci de la communiquer.

Bonne réflexion !

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La banque, service universel ?

L’action citoyenne a le pouvoir de faire bouger le pouvoir de d’argent

Ce qui s’est passé ce mardi 3 août est significatif à plusieurs titres.

Pour ceux qui n’auraient pas l’info, ING annonce le matin que les plus de 60 ans ne pourront dorénavant plus retirer plus de 1000€ par semaine. Suite à des protestations diverses et à des déclarations opposées des autres banques, ING annonce en fin de journée l’annulation de la mesure.

Des réactions sont venues sur l’égalité des chances des plus de 60 ans, qui se sentent parfois citoyens de seconde zone, même si cette limitation ne touchait pas vraiment les pensionnés qui ont difficile à nouer les deux bouts à la fin du mois. Mais malgré tout, une discrimination de plus est toujours un pas dans la mauvaise direction et c’est ce qu’a rappelé le Centre pour l’Egalité des Chances.

D’autre part, les banques ont tendance à ne vouloir que les clients riches, alors qu’elles se présentent comme un service pour tous ; plusieurs politiques luttent pour maintenir des services universels dont le capitalisme privé n’a que faire. Si le libéralisme européen impose régulièrement sa loi pour le ‘bon fonctionnement de l’économie et la performance’, leurs opposants rappellent avec force que dans la réalité ce système exclut de nombreuses personnes des services dont chacun pense pouvoir bénéficier. Ce combat là devra être renforcé.

Enfin, ce qui s’est passé mardi montre heureusement que le lobbying n’appartient pas qu’aux pouvoirs économiques, mais que  celui du citoyen reste capable, même en période estivale, de faire bouger les choses.

Cela c’est la bonne nouvelle du jour, mais elle renforce l’idée que, pour cela, il nous revient à chacun de créer ou d’adhérer à des mouvements citoyens.

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Un monde ouvert

Bien souvent, il nous arrive de ressentir ou de parler de la complexité du monde actuel. On se sent dépassé, sans certitudes et sans capacité de comprendre globalement ce qui se passe.

Un philosophe actuel qui essaie d’écrire pour pouvoir être compris de chacun (n’hésitez pas à essayer de lire si pas encore fait), André Comte Sponville a récemment publié un recueil de 101 articles de 3 à 4 pages intitulé « Le goût de vivre » ; un de ces articles (‘Deux révolutions scientifiques’) m’a interpellé sur le sujet.

Il parle de 3 périodes :

1)   un monde clos de l’Antiquité au Moyen Age,: ‘un monde fini, ordonné, hiérarchisé, à l’intérieur duquel chacun pouvait trouver sa place, son rôle, son sens’ ;

2)   un univers infini, qui est celui des Modernes (16e et 17e siècles) : un espace homogène et illimité, neutre, sans lieu ni direction privilégiés ; la Terre n’est plus qu’une planète parmi les autres ; le sens n’est plus défini, ‘à la fin, nous trouvons le nihilisme et le désespoir’ ;

3)   le monde ouvert, qui est le nôtre, suite aux découvertes scientifiques qui ont réintroduit la notion de temps et donc d’une histoire ‘aussi irréversible qu’indéterminée, aussi aléatoire que féconde, aussi imprévisible que passionnante’, ‘qui redonne à rêver, qui ouvre au possible’.

Bien sûr, j’ai ici résumé, mais je voulais partager cette ouverture avec vous en nous disant que même si le sens du monde et de la vie peut parfois ou souvent nous échapper, nous pouvons prendre notre place, agir pour faire changer le monde et rêver à changer la vie.

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Le grand silence

Une connaissance du fitness, avec qui je parle parfois politique, me dit ce mercredi matin :   » le fossé entre le citoyen et le politique s’agrandit, personne ne comprend pourquoi c’est si compliqué et vous ne faites pas de pédagogie, cela peut devenir dangereux ce jeu là. »

Il est vrai que les discussions pour la constitution d’un gouvernement fédéral font un silence assourdissant qui contraste avec la cacophonie lors de la tentative de constitution d’une orange bleue en 2007, mais c’est pour moi la preuve que ceux qui travaillent à cet objectif ont conscience que la discrétion permet peut être un meilleur résultat que le grand show médiatique. On en reparlera donc un peu plus tard.

Mais le dit ‘fossé entre le politique et le citoyen’ m’interpelle toujours pour plusieurs raisons :

  • Nous avons jamais dans l’histoire eu autant d’information disponible sur ce qui se passe au bout du monde et près de chez nous ; des rapports existent sur tant de choses qu’il est impossible de les lire tous. Prenons un exemple : beaucoup de citoyens conviennent que le niveau communal est plus concret et directement abordable ; un rapport annuel est dressé par l’administration communale sur ses activités et est obligatoirement disponible à la bibliothèque communale comme à l’administration. Je ne connais qu’un nouveau citoyen éverois qui m’ait dit être venu le lire parce que c’était la première chose à faire quand on veut découvrir une commune. Je me demande combien ce document a eu de lecteurs l’an passé.
  • Je suis directeur de la Coopérative de Locataires Germinal, société de logements sociaux à Evere, dont  les statuts prévoient que seuls les locataires peuvent être administrateurs, sauf pour 2 sièges, un pour la Région et un pour une coopérative nouvelle. Lors de la dernières Assemblée Générale, 4 postes d’administrateurs étaient à pourvoir mais il n’y eut qu’une candidature… Cela n’est pourtant politique au sens restreint mais c’est bien au conseil d’administration que les décisions principales se prennent, et cela c’est du politique au quotidien sans appareil de parti etc.
  • Enfin, il faut le répéter, les élus le sont par les électeurs qui doivent bien être sensibles à leurs opinions puisqu’ils ont assez de choix pour s’exprimer.

Alors qu’est ce qui ne va pas ? Ouvrons le débat, vous qui me lisez (puisqu’un compteur m’indique que mon blog a des visites) : il suffit de faire un commentaire sur le texte et je vous assure que j’y donnerai un suivi positif ou négatif, mais que vos propositions ne me laisseront pas indifférent.

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L’insupportable légèreté des banques et l’austérité pour les autres

Après la grande crise de 1929, qui s’acheva par la guerre de 40-45, on avait dit ‘plus jamais cela’. Pour cela des mécanismes de contrôle des banques furent mis en place et depuis, avec l’adoration européenne pour le système économique libéral confortée la chute du régime communiste, ‘tout va très bien Madame la Marquise’ nous chantait on !

Ceux qui rappelaient régulièrement qu’une gouvernance étatique de l’économique était nécessaire apparaissaient comme des dinosaures attardés. D’aucuns se souviennent du débat syndical dans les années 70 sur le contrôle ouvrier ou l’autogestion et de la réflexion sur la nécessaire question du ‘que produire ?’

Jacques Attali écrivait en 2009, dans son livre « La crise et après » :

« Cette crise est aussi l’occasion de comprendre comment un petit groupe de gens, sans produire de richesses, accapare ne toute légalité, sans être contrôlé par personne, une part essentielle de la valeur produite. Puis comment ce même groupe, ayant raflé ce qu’il avait pu prendre, fait payer ses formidables profits, primes et bonus, par les travailleurs, les contribuables, les salariés, les consommateurs, les entrepreneurs et les épargnants du monde, forçant les Etats à trouver en quelques semaines, pour combler les vides laissés dans leurs caisses, des sommes mille fois supérieures à celles que les mêmes gouvernants refusent chaque jour obstinément aux plus défavorisés des pays développés et aux affamés du reste du monde.

Certes, cette confiscation s’opère sur un mode légal, ‘honnête’, non violent. C’est d’ailleurs ce qui constituera, aux yeux de certains, le principal motif de révolte : si tout cela est légal, alors le système qui permet une telle aberration n’a plus de raison d’être ! »

En 2010, suite au surendettement des pays pour tenter d’éviter la crise économique, les pays européens les plus fragiles ont des difficultés à se refinancer, notamment auprès des banques que l’ensemble des pays ont aidées et l’Europe doit les soutenir en imposant l’austérité : à qui ? aux travailleurs et à ceux qui dépendent de la sécurité sociale pour survivre, pas aux banquiers…

C’est bien cela que propose le conseiller économique du gouvernement, vu le nouvel endettement de la Belgique qui était parvenue depuis des années à le restreindre pour atteindre les normes européennes d’endettement ; aujourd’hui, mais pas hier, on attend de nombreuses voix s’élever pour dire qu’une monnaie unique sans gouvernement économique européen est une aberration. Mais quand il s’agissait de véritablement créer une Europe économique et sociale, les mêmes refusaient au nom de l’autonomie et du libéralisme triomphant.

Pour cela, nous avons besoin d’un gouvernement stable et solidaire.

Mais qu’avons-nous à dire dans ce débat ? Chacun de nous fait partie de ce qu’on appelle l’opinion publique ; mais même si j’entends dire que voter ne servira à rien, le gouvernement ne se constituera que selon le résultat des urnes : alors lisons les programmes ou suivons les débats, même s’ils sont souvent ennuyeux par ce que c’est notre sort et celui des générations futures qui est en jeu !

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La crise de l’euro : quel impact pour les citoyens ?

Hier, un ami me demandait pourquoi la Belgique prêtait de l’argent à la Grèce, malgré nos difficultés budgétaires. Bonne question !

Il faut savoir que la Grèce ne peut emprunter sur les marchés bancaires (ceux que les Etats ont soutenus l’an passé …) qu’à des taux supérieurs à ceux auxquels la Belgique et d’autres pays européens peuvent le faire ; donc nous n’y perdons pas. Et en soutenant l’euro, nous tentons d’éviter le renforcement de la crise économique.

Mais pour aider la Grèce, l’Europe exige des efforts de la part des Grecs : qui va devoir les faire ? ceux qui n’ont pas les moyens de jouer sur les marchés des capitaux, donc les travailleurs et ceux qui dépendent de la sécurité sociale ! Et rappelons-nous qu’avant les récentes élections grecques, c’était la droite qui était au pouvoir… Alors que cette droite, allemande ou autre, arrête de donner des leçons. Quand l’Allemagne s’est réunifiée, elle dépassait de loin les critères européens de déficit et d’endettement.

Pour ne pas sombrer dans une crise plus profonde, le pouvoir d’achats des travailleurs est important car il soutient la demande ; et pour ceux qui pourraient plonger dans la misère suite à une perte d’emploi, à une maladie, leur rempart, c’est la sécurité sociale dont les socialistes sont toujours les plus ardents créateurs d’abord et défenseurs ensuite depuis 125 ans.

Ne nous laissons pas faire et malgré le découragement devant certains jeux politiques, allons voter en nous rappelant là aussi que le vote de tous et toutes ne fut acquis qu’au prix de longues luttes par les générations qui nous précèdent.

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BHV expliqué à mes amis éverois

Lors de rencontres dans la rue, nous parlons aujourd’hui régulièrement de la crise politique et des élections. L’incompréhension vis-à-vis de ces hommes et femmes politiques qui vivent dans leur monde, loin des citoyens qui ne voudraient que la paix. Et ces citoyens ont bien raison en donnant priorité au redressement économique et au maintien des acquis de la sécurité sociale.

J’ai donc pensé utile à la période actuelle de vous faire partager quelques informations ou lectures qui me semblent utiles pour comprendre les enjeux et je commence aujourd’hui par un article écrit par le Président du Centre de Recherche et d’Information Socio Politiques, qui a une vue non partisane et réalise une synthèse intéressante, même si elle ne va pas toujours dans le sens que nous souhaiterions.

Mais nous ne pourrons maintenir la Belgique que si les points de vue divergents se comprennent pour se parler et chercher une solution.

Article de Vincent de Coorebyter (CRISP) dans le Soir du 27 avril 2010

Dans le communiqué qui mettait fin à sa mission de médiateur, Jean-Luc Dehaene a dressé un bilan des négociations institutionnelles. De ce texte soigneusement pesé, un passage ressort particulièrement: celui qui s’efforce de cerner le point de départ de chaque communauté dans les négociations. Jean-Luc Dehaene expliquait ainsi que les Flamands partent du principe de territorialité et les francophones du principe de personnalité, et il ajoutait: « les deux sont en opposition totale. »

Historiquement parlant, Jean-Luc Dehaene a raison, et d’abord en ce qui concerne le principe de territorialité. Pour le mouvement flamand, une fois la frontière linguistique fixée en 1962-63, le principe de territorialité doit s’appliquer. Dans la région de langue néerlandaise, unilingue par définition, seul le néerlandais a droit de cité en tant que langue officielle, de sorte que ne sont acceptables, si l’on pousse cette logique jusqu’au bout, ni l’exercice de compétences de la Communauté française dans cette région, ni

l’emploi du français dans les circonstances couvertes par les lois sur l’emploi des langues. Certes, plusieurs lois préservent le droit à l’usage du français dans cette région, notamment au travers d’écoles francophones dans la périphérie et du régime des facilités, mais ces exceptions à l’unilinguisme sont précisément dénoncées ou restreintes sous la pression de la logique territoriale flamande – jusqu’à l’exigence de scission de B-H-V au plan électoral et judiciaire.

Historiquement parlant, Jean-Luc Dehaene a également raison en ce qui concerne le principe de personnalité, entendu comme principe de base des francophones. Des francophones, surtout dans certains partis, ont longtemps considéré que les compétences des communautés, qui passent toutes par un usage de la langue (culture, enseignement, etc.), pouvaient s’exercer dans une certaine mesure par-delà la frontière linguistique, avec pour conséquence, notamment, que la Communauté française pourrait faire bénéficier les personnes francophones, en Flandre, d’une partie de ses politiques, voire protéger les droits des francophones de la périphérie. Il a fallu l’intervention répétée de la Cour d’arbitrage pour que tous

les francophones admettent que chaque communauté, non seulement possède un territoire sur lequel elle exerce ses compétences, mais possède en outre un droit exclusif sur ce territoire, qui la protège de l’immixtion des autres communautés : les communautés, sauf exceptions, sont en fait régies par le principe de territorialité. Alors que ce principe a consacré le caractère unilingue, entre autres, de la région de langue néerlandaise, une certaine tendance francophone s’est maintenue, dans les années 1980 et 1990, pour défendre plutôt le principe de personnalité, au moins dans le but de maintenir un lien avec les francophones de la périphérie.

Il reste que ceci concerne l’histoire, le passé, et que même à l’époque les deux principes n’étaient pas sur un pied d’égalité: la Flandre était plus unie sur le principe de territorialité que les francophones sur le principe de personnalité, et ce dernier, on l’a vu, n’a pas connu la consécration juridique obtenue par le premier. Mais surtout, par-delà l’histoire et le droit, peut-on considérer que les francophones sont encore, aujourd’hui, des défenseurs du principe de personnalité, ce qui expliquerait l’opposition entre les communautés autour de B-H-V ?

En réalité, si les partis francophones continuent à défendre les droits des francophones de la périphérie bruxelloise, ainsi que certaines possibilités d’intervention de la Communauté française dans les six communes à facilités de la périphérie, il n’est pas évident que ce soit encore au nom du principe de personnalité entendu comme base de raisonnement.

Deux indices en ce sens, d’abord. Les francophones, dans la négociation sur B-H-V, ne revendiquent rien par-delà l’arrondissement de Hal-Vilvorde: ils n’attachent pas de droits à la personne des francophones de Flandre en général. En outre, on peut noter, ne fût-ce qu’à titre de provocation intellectuelle, que seuls les francophones ont évoqué une revendication territoriale à l’approche des négociations actuelles, à savoir l’élargissement du territoire de la Région bruxelloise…

Où réside, dès lors, l’opposition ultime entre les deux communautés, à supposer qu’on puisse la ramener à quelques éléments essentiels ? Et ce nœud possède-t-il un lien déterminant avec le principe de personnalité, ce qui expliquerait que Jean-Luc Dehaene ait voulu l’évoquer ?

Deux sources majeures de l’opposition entre communautés viennent immédiatement à l’esprit.

D’abord une divergence de vues sur l’emploi des langues, qui passe par des lectures opposées de la Constitution. L’article décisif de la Constitution est, pour de nombreux Flamands, l’article 4, qui consacre l’existence des régions linguistiques et, notamment, de la région de langue néerlandaise. Dans cette lecture, cette région a vocation à être linguistiquement homogène, motif pour lequel un certain nombre de Flamands estiment que l’article 4 rend à lui seul la circonscription de B-H-V anticonstitutionnelle.

À l’inverse, les francophones retiennent avant tout l’article 30 de la Constitution, en vertu duquel l’emploi des langues est facultatif, c’est-à-dire libre, et ne peut être réglé que par la loi, et seulement pour les actes de l’autorité publique et pour les affaires judiciaires. Les francophones en déduisent que la liberté est le principe premier en matière d’emploi des langues et qu’elle ne peut être restreinte que dans des limites étroites, d’où leur opposition à certaines initiatives prises dans la périphérie contre l’emploi du français dans l’espace public.

Deuxième opposition majeure: les partis francophones s’efforcent de défendre les droits électoraux et judiciaires des francophones de l’ensemble de l’arrondissement de Hal-Vilvorde, en ne se limitant pas aux habitants des six communes à facilités, alors que les négociateurs flamands tentent de limiter leur offre de garanties à ces seules communes. Peut-être est-ce cette revendication francophone élargie au-delà des six communes qui a paru à Jean-Luc Dehaene ne pouvoir s’expliquer que par le principe de personnalité. Elle pourrait pourtant avoir une autre source, plus décisive : elle semble s’expliquer surtout, non pas par un attachement à un principe général, mais par une référence à l’histoire.

À tort ou à raison, les francophones estiment que le maintien de la circonscription électorale et de l’arrondissement judiciaire de B-H-V, ainsi d’ailleurs que le régime originel des facilités, font partie intégrante du « compromis » de 1962-63, c’est-à-dire constituent un ensemble de droits préservés par les francophones au moment où la pression flamande l’avait emporté pour fixer la frontière linguistique.

Pour les francophones, mal préparés à l’époque, et soumis à un rapport de force défavorable, les droits issus de ce qui n’était déjà pas un réel compromis (notamment parce qu’une grande majorité d’élus francophones se sont opposés au tracé de la frontière linguistique de 1962) doivent être préservés face à une nouvelle revendication flamande, à savoir la scission de B-H-V au plan électoral et judiciaire. Pour les Flamands au contraire, cette scission n’est que l’achèvement logique des réformes de 1962-63, la poursuite de la marche vers l’homogénéité linguistique de la Flandre consacrée par la fixation de la frontière linguistique.

Ces lectures divergentes de l’histoire nourrissent, davantage que le principe de personnalité, une certaine opposition francophone aux exigences flamandes : les uns ont le sentiment d’être soumis, depuis plusieurs décennies, à des remises en cause successives de leurs acquis, y compris concernant les facilités,

là où les autres voient dans la lenteur des changements qu’ils revendiquent l’effet d’une mauvaise volonté francophone à admettre le primat du principe de territorialité.

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