Logement social à Bruxelles: « la rénovation va être mieux lotie » titre le Soir le 28 juillet 2010

Super, 56 millions € vont être débloqués en 2010 pour la rénovation, sous forme mixte de 50% de crédits (à rembourser en 33 ans) et de 50% de subsides (à ne pas rembourser, cette part ne pouvant donc entraîner une augmentation de loyer).

Moins bien, cette somme représente à peu près 7% des demandes de fonds pour rénovation formulées par l’ensemble des sociétés de logement social à Bruxelles, suite à la dernière enquête. En fait, ce montant est dans la ligne de ceux qui ont été décidés les années précédentes et en période de disette budgétaire, c’est mieux que rien. D’autant plus, dit le Ministre que « ça ne sert à rien d’être gourmand si on ne peut pas terminer son assiette, faisant référence au temps mi pour réaliser les projets, ce qui s’explique essentiellement par les procédures lourdes et des défauts d’organisation du secteur.

Mais le manque de moyens n’est pas nouveau, ce qui entraîne un effet pervers de difficulté de programmation. Pourquoi et avec quels moyens engager du personnel spécialisé si c’est pour qu’il n’ait pas les moyens de financer ses projets ?

Un peu d’histoire pour bien comprendre. Le système belge du financement du logement social est créé après la guerre 14-18 et la régionalisation n’en changera que peu le mécanisme. L’optimisme de l’époque prévoit que la Société Nationale des Habitations à Bon Marché emprunte sur le marché des capitaux et prête à long terme (66 ans) aux sociétés locales à un taux intéressant ; les loyers seront calculés sur base du coût de construction, sans subside de fonctionnement ; en principe, ce mécanisme devait permettre de réinvestir sur fonds propres pour les rénovations, l’entretien, etc… mais à la fois la pression à la baisse sur les loyers et l’augmentation des tâches administratives et des normes vont rendre le réinvestissement insuffisant, d’autant plus que les immeubles progressivement délabrés reçoivent de nouveaux crédits pour remettre les immeubles à niveau.

Et pourtant ce n’est pas faute de mettre le sujet sur table et d’y travailler, cela fait aujourd’hui plus de 25 ans que je fais ce métier et j’en ai vu passer des bonnes idées. Depuis quelques années, un outil informatique d’évaluation de l’état du patrimoine est difficilement mis en place en partenariat entre la société régionale et les sociétés locales, les besoins de précision des uns et des autres n’étant pas toujours les mêmes.

Revenant à l’échelle locale et donc à Germinal pour ma part, ce sera un million d’euros qui s’ajoute aux 3 déjà promis pour permettre la sécurisation des immeubles des années 50. Mais enfin, sur les 20 demandés c’est dans la norme mais frustrant. Cela n’empêche pas d’autres projets faisant l’objet de crédits promis précédemment d’être en cours de réalisation (réfection des joints de façade et hydrofugation des immeubles Léger, Degas, Renoir), d’avancer vers une attribution de marché (Pl Allende, recouvrement isolant de 54 maisons, installation de systèmes de production d’eau chaude dans les immeubles le long du boulevard notamment) ou encore d’être en préparation active (rénovation des façades des logements de 1950). Enfin, diront certains, et d’abord ceux qui y travaillent activement !

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La banque, service universel ?

L’action citoyenne a le pouvoir de faire bouger le pouvoir de d’argent

Ce qui s’est passé ce mardi 3 août est significatif à plusieurs titres.

Pour ceux qui n’auraient pas l’info, ING annonce le matin que les plus de 60 ans ne pourront dorénavant plus retirer plus de 1000€ par semaine. Suite à des protestations diverses et à des déclarations opposées des autres banques, ING annonce en fin de journée l’annulation de la mesure.

Des réactions sont venues sur l’égalité des chances des plus de 60 ans, qui se sentent parfois citoyens de seconde zone, même si cette limitation ne touchait pas vraiment les pensionnés qui ont difficile à nouer les deux bouts à la fin du mois. Mais malgré tout, une discrimination de plus est toujours un pas dans la mauvaise direction et c’est ce qu’a rappelé le Centre pour l’Egalité des Chances.

D’autre part, les banques ont tendance à ne vouloir que les clients riches, alors qu’elles se présentent comme un service pour tous ; plusieurs politiques luttent pour maintenir des services universels dont le capitalisme privé n’a que faire. Si le libéralisme européen impose régulièrement sa loi pour le ‘bon fonctionnement de l’économie et la performance’, leurs opposants rappellent avec force que dans la réalité ce système exclut de nombreuses personnes des services dont chacun pense pouvoir bénéficier. Ce combat là devra être renforcé.

Enfin, ce qui s’est passé mardi montre heureusement que le lobbying n’appartient pas qu’aux pouvoirs économiques, mais que  celui du citoyen reste capable, même en période estivale, de faire bouger les choses.

Cela c’est la bonne nouvelle du jour, mais elle renforce l’idée que, pour cela, il nous revient à chacun de créer ou d’adhérer à des mouvements citoyens.

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