Quelques réalisations et projets

Mon arrivée à Germinal

Entré le 1er septembre 1982, je suis devenu Directeur deux
ans plus tard.

Actuellement mon contrat a été réduit à  mi temps, vu mes autres fonctions.

Le premier travail, pour lequel j’avais été engagé, était d’organiser
la société pour répondre au doublement du nombre de locataires vu les
constructions en cours : les locations des immeubles 40 à 50 rue Léger ont
lieu pour le 1er mai 1983.

Le calcul de loyer se faisait jusque là à la main (avec
calculette…) ; il est impératif de passer à l’informatisation qui se
développe à ce moment, mais fait encore peur (de l’inconnu). Le premier loyer
sortira de l’ordinateur pour le 1er avril 2003, nous nous étions
relayés toute la nuit pour y arriver…

 

Location des immeubles des rues Léger, Degas et Renoir

Pour la mise en location des 192 logements et les états des lieux, les
administrateurs étaient ‘sur le pont’, WE compris.

Une petite anecdote
quand on sait qu’aujourd’hui, plus de 30.000 ménages sont en attente d’un
logement social à Bruxelles : lors de la mise en location des immeubles de
la rue Léger en 1983, une personne s’est présentée à la permanence du mardi
soir pour entrer une demande de logement, avec les document nécessaires ;
j’ai pu lui proposer la visite immédiate du dernier logement de libre et le
contrat a été signé le jour même… Ce beau rêve n’est arrivé qu’une fois dans ma
carrière et n’est pas prêt de se reproduire.

 

Des logements adaptés pour Personnes à Mobilité Réduite

Mais il restait 6 logements 2 chambres au rez de chaussée non octroyés,
car prévus pour des personnes handicapées. Contact pris avec la société
Nationale du Logement, nous avons eu des contacts avec l’Association Nationale
pour le Logement des Handicapés, qui avaient pu créer de nombreux logements au
sein de la Cité de l’Amitié. Cléon Angelo et Monique Theunis nous ont
convaincu :

– de réadapter ces logements et d’autres pour répondre à la demande de
PMR (personnes à mobilité
réduite), qui nous révèle ce qui ne nous apparaît pas toujours, comme par
exemple la hauteur des prises électriques ;

– de participer à la
création d’un service d’aide 24 h sur 24 aux activités de la vie journalière ;
le financement de ce service fut le fruit d’un bricolage de l’époque où les
compétences ministérielles dans cette matière bicommunautaire étaient partagées
par deux Ministres, l’un de Vilvorde et l’autre de Liège ;

–  de participer, après la création de la Région
Bruxelloise, à la rédaction de la proposition d’ordonnance de Jean Louis
Stalport, qui fut un ami, pour financer ces services de manière durable.

Ce projet, animé par des
valeurs de l’esprit coopératif comme la solidarité, le respect de chacun dans
ses différences et l’autonomie maximale de la personne, m’a profondément
marqué ; une phrase type de Cléon : « Les services AVJ sont les
bras et les jambes que les PMR ne peuvent utiliser ».

Le prix européen Helios
a été accordé à ce projet.

Aujourd’hui aussi, les frais d’entretien et réparation des équipements
spécifiques aux PMR dans les immeubles sont pris en charge par la SLRB.

 

Coopération et participation

Depuis l’arrivée des
premiers locataires de ces nouveaux immeubles, une préoccupation constante a
été de ne pas perdre l’esprit coopératif, qui implique notamment la
participation active à la vie de la société.

Les administrateurs
sont des locataires élus par l’Assemblée Générale, qui votent également sur les
comptes, mais le nombre de coopérateurs locataires présents est fort faible,
comme à bien d’autres réunions organisées annuellement :

– Assemblée Générale d’Information des Locataires

– Réunions de quartier

ou occasionnellement sur un problème.

Diverses expériences ont été et sont tentées pour y remédier, dont notamment un travail de proximité avec la Fédération des Unions de Locataires.

Un travail d’information est réalisé aussi par une brochure permanente
d’informations pour tous les locataires, le bulletin trimestriel, mais le
résultat n’est pas probant. Une enquête de satisfaction des locataires a été
menée et une nouvelle devrait l’être pour mieux comprendre les attentes;
même si le besoin de coopération structurée ne semble plus attirer les
locataires, nous constatons cependant une solidarité souvent informelle qui se
crée et qui pourrait servir de fondements à de nouvelles actions coopératives.

 

Les jeunes de Germinal

Il y une vingtaine d’années déjà, des initiatives de création d’une
maison de jeunes de quartier ont été appuyées par Germinal, en utilisant
au départ un bâtiment de chantier, abandonné par EGTA; des animations de
semaine de vacances ont été subsidiées par ce qu’on appela à l’époque ‘Eté
Jeunes’; aujourd’hui cette structure a été regroupée avec celles d’autres
société de logement et le Service Prévention de la Commune en a ouverte une,
qu’il gère.

Une dernière anecdote qui peut nous faire réfléchir, c’est
l’enthousiasme manifesté par des jeunes lors d’un concert de Ghandi, un jeune
‘chanteur’ de hip hop qui a grandi à Germinal, a fait un CD et se produit sur scène régulièrement en Belgique et en France. Lorsqu’il
évoque Evere ou Germinal comme ses lieux de vie, la foule présente à Evere
manifeste son enthousiasme.

Conclusion

J’en tire comme conclusion que Germinal est et restera, malgré les
difficultés, un lieu de vie dans lequel chacun peut trouver ses attaches et des
solidarités fondamentales à la vie.

 

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