Réflexions sur le monde qui change

La vision du monde que le citoyen perçoit à travers les prismes politiques et journalistiques les plus répandus est celle d’un monde qui ne sait plus trop où il va et les réflexes de repli identitaires et locaux sont souvent présents.

Dans la vie quotidienne, nos modes de vie ont été pour la plupart bouleversés par une communication omniprésente et immédiate: « Je twitte donc je vis ». Heureusement, il existe des personnes, des groupes, des journaux, des livres qui continuent à nous partager leurs réflexions sur le présent et l’avenir.

La vie économique détermine aujourd’hui beaucoup de décisions qui échappent aux Etats et semblent ne plus appartenir à personne, comme si le système pouvait au mieux du ‘libre échange’ créer un monde meilleur. Depuis des années, l’internationalisation permet aux capitaux de circuler en quelques ‘clics’ qui permettent à certains de se faire beaucoup d’argent en détruisant des pays entiers, comme la Grèce récemment. La réaction simpliste a consisté à imposer une austérité qui permet au ‘marché’ et au système bancaire de reprendre confiance pour financer à nouveau ces pays engagés dans une spirale d’endettement vu les taux d’intérêt très élevés auxquels les banques acceptaient encore de prêter.

Bon, sans bien connaître la Grèce, il apparaît que des économies pouvaient se faire; mais l’austérité d’aujourd’hui ne touche pas les riches: ce n’est pas moi qui le dit, c’est Paul De Grauwe, professeur d’économie à la London School of Economics, ancien député du VLD, dans une interview au Soir du 5 mai 2012. Il ajoute que « l’austérité n’a de sens que si’il y a une base d’égalité suffisante » et la théorie macroéconomique dominante croit faussement qu' »il fallait libéraliser les marchés et le système devenait stable de façon inhérente ». Il admet cependant qu’il ne peut aujourd’hui proposer un nouveau modèle mais que celui-ci devra tenir compte de ce que « les agents économiques ont une capacité limiter à comprendre le monde… et ne sont pas capables de calculer tous les effets de leurs décisions de des chocs extérieurs. » Donc pas de Vérité absolue dans ce domaine mais le besoin de trouver un moyen efficace de contrôler les marchés!

Autre élément de réflexion: le livre de Jeremy Rifkin, prix Nobel d’économie, « La troisième révolution industrielle ». Cet auteur analyse l’histoire récente en identifiant dans chaque révolution industrielle la coexistence de deux phénomènes: un changement dans le mode de production d’énergie et un autre dans le monde de la communication. Il estime donc que nous sommes entrés dans une nouvelle ère de révolution industrielle par la capacité de produire localement de l’énergie au lieu de dépendre de sources extérieures qui se rarifient ou de grands complexes industriels de production de celle-ci; d’autre part, le développement des technologies récent de nouvelles technolgies de communication comme internet, le GSM, les réseaux sociaux sont l’autre élément indispensable à cette nouvelle révolution..

Et les femmes et les hommes là dedans? Déboussolés, certains cherchent des solutions simples dans le repli sur soi (sa région, sa richesse…) en pointant certains autres comme ceux à exclure (mais pas celui ou celle que je connais et est une exception). Les replis identitaires passent parfois aussi par l’adhésion à une religion qu’il faut imposer à tous; qu’on ne se méprenne pas, je suis toujours ouvert à la spiritualité vécue librement par chacun, dans le respect des autres, ainsi qu’aux valeurs morales que les religions véhiculent, quand elles n’en revendiquent pas l’exclusivité et valorisent au contraire la liberté de pensée et le respect de chacun dans sa diversité.

En cela, les valeurs révolutionnaires françaises et américaines de la fin du 18e siècle, liberté, égalité, fraternité restent d’actualité sans pour cela ne pas reconnaître leur mise en oeuvre dans les acquis du progrès humain depuis lors, malgré quelques errements de l’histoire dont les inégalités d’aujourd’hui restent un témoin privilégié de nos combats à mener.

 

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